La stupeur et l’incompréhension ont laissé place ce lundi matin à la colère devant la petite école communale de Goé. Vendredi dernier, parents et enseignants étaient avertis, par courrier, que l’ancienne directrice de l’établissement était rétablie dans ses fonctions. En cause, une erreur administrative relative à la composition de recours dans le chef de la Communauté française. « C’est un vieux dossier et il connaît effectivement un rebondissement, explique Stephen Bolmain, Echevin de l’Enseignement de la Ville de Limbourg. Le Conseil d’Etat a décidé d’annuler la décision prise par le conseil communal, voici 5 ans, d’enlever son titre de Directrice à Madame Degros pour faute grave. C’est donc bien un vice de forme que la Communauté s’emploie à réparer qui nous met devant cette situation difficilement supportable pour les parents et l’équipe éducative qui s’est d’ailleurs mise en grève une demi-heure ce matin. »
Pour respecter la procédure, l’ancienne directrice devait physiquement prendre possession de son bureau ce lundi. Une reprise sous les huées et les banderoles que lui avaient réservé les nombreux parents venus protester devant l’école. Ils sont clairs, ils ne veulent pas de son retour. « Quand on entend tout ce qui s’est passé avec cette directrice, on ne peut être qu’inquiet pour nos enfants, témoigne Gaëlle Lecomte, maman de deux enfants scolarisés à Goé. Elle n’aurait aucune pédagogie et se serait clairement trompée de vocation, ça fait peur ! Ici, sous la houlette de Madame Junker, l’école est juste tip top. Elle est avenante, toujours disponible. On espère vraiment que la stabilité va revenir parce que là, ce sont nos enfants qui sont pris en otage dans ce climat anxiogène. »
La stabilité, c’est aussi ce que souhaite retrouver l’équipe éducative particulièrement touchée par l’action de solidarité mise en place par les parents. Des enseignants qui souhaitent aussi rappeler qu’il y a 6 ans, l’école communale de Goé était sur le point de fermer et que depuis que la nouvelle directrice, Sabine Junker, a repris les rennes de l’établissement, ce ne sont pas moins d’une centaine d’inscriptions qui ont été comptabilisées en quelques années à peine. « Nous sommes dans l’incompréhension la plus totale. Elle a été retrogradée pour faute grave et ici, c’est un vice de procédure qui lui permet de revenir. Ce n’est pas acceptable d’autant plus qu’elle n’a pris aucun contact avec nous et qu’elle n’a rien organisé pour la reprise de ce lundi. Il n’y avait pas de bus pour la piscine, la surveillance des repas de midi n’était pas assurée. Nous devons déjà pallier à ses manques et c’est intolérable », indiquent les enseignants qui précisent déjà qu’ils continueront à mener des actions de grève si la situation ne revient pas rapidement à la normale.
Des discussions sont actuellement en cours entre la Ville de Limbourg et la directrice pour essayer de dégager un terrain d’entente. « Notre priorité est le bien-être des enfants, précise Stephen Bolmain. Nous mettons tout en oeuvre pour trouver une voie de sortie qui soit honorable pour tout le monde. »
Audrey Degrange